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| L'une
des préoccupations permanentes
de l'Entente est la protection
de l'environnement vivant et notamment
la faune compagne des larves de
moustiques, appelée "faune
non cible". Aussi de nombreuses
études sont menées
dans se sens. Cette volonté
s'exprime à travers différentes
collaborations, d'une part dans
le domaine de la démoustication
et d'autre part dans celui de
la gestion des zones humides. |
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| LA
LUTTE CONTRE LES MOUSTIQUES |
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Ce thème de recherche
s'exprime à travers une
collaboration étroite,
matérialisée par
une convention entre l'E.I.D.
et le Laboratoire d'Ecologie
Alpine de l'Université
Joseph Fourier de Grenoble.
Actuellement la recherche porte
sur les relations pouvant exister
entre la végétation
et les moustiques. Ainsi l"analyse
écotoxicologique de la
relation entre populations larvaires
de moustiques et la végétation
phanérogamique associée,
dans les hydrosystèmes
alpins a permis de mettre en
évidence des complexes
polyphénoliques issus
de la décomposition des
litières végétales
dont l'ingestion s'avère
toxique pour certaines larves
de moustiques.
A partir de ces résultats
deux voies d'études sont
explorées :
d'une part la caractérisation
de ces molécules toxiques
en vue d'une utilisation dans
la cadre d'une nouvelle stratégie
de lutte anti-larvaire
d'autre part l'analyse
des différences de sensibilité
observées entre les espèces
de moustique en fonction de
leur biotope larvaire.
Parallélement à
ces deux volets de recherche
fondamentale à but appliqué,
une autre étude est menée
pour comprendre la biologie
particulière de l'espèce
de moustique Coquillettidia
richiardii en vue de la
mise au point d'une stratégie
de gestion durable de ces populations
invasives et vulnérantes.
Ces études sont conduites
en collaboration avec Jean-Claude
MEYRAN, Maître de conférences
(Laboratoire d'Ecologie alpine
- UJF) via 6 DEA, 3 thèses
et de nombreux stages de maîtrise.
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Relation
larves de moustique
- végétation
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| 1.
une nouvelle stratégiede
lutte anti-larvaire
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Des analyses phytochimiques
contrôlées par
des bioessais standards sur
larves de moustique ont montré
que la toxicité de la
litière décomposée
est associée à
une fraction "paroi cellulaire"
insoluble, contenant des complexes
polyphénoliques de type
lignine. Ces formes "insolubles",
qui possèdent une activité
larvicide environ 100 fois supérieure
à celle du matériel
brut, résultent d'une
association entre des monomères
de lignines (représentés
essentiellement par l'aldéhyde
para-hydroxybenzoïque)
et des polypeptides dont 4 majeurs
ont été mis en
évidence par chromatographie
sur silice inverse. De plus,
notre connaissance de la formation
de ce complexe toxique au cours
de la décomposition de
la litière nous a amené
à optimiser nos méthodes
d'extraction de ce complexe
à partir de litière
brute non encore toxique. Ce
progrès technologique
donne actuellement lieu à
un dépôt de brevet
auprès de l'Université
de Grenoble.
Ces deux familles de constituants
(lignine + protéines)
interviennent de manière
complémentaire dans la
toxicité, comme l'indiquent
des tests toxicologiques réalisés
en présence d'inhibiteurs
de protéines ou de laccase,
une enzyme lignolytique qui
dissocie le complexe lignine-polypeptides.
Ces résultats nous ont
amené à bâtir
un modèle rendant compte
de la structure bipartite du
principe toxique isolé.
Ce modèle s'appuie sur
l'existence de récepteurs
au niveau de l'épithélium
intestinal des larves, qui reconnaîtraient
spécifiquement la partie
protéique du complexe,
conduisant à une dégénérescence
épithéliale, selon
le principe d'action du bactério-insecticide
Bacillus sphaericus.

L'intérêt larvicide
de ces complexes lignine-polypeptide
en milieu aquatique sensible
résider dans leur insolubilité
dans l'eau et leur attractivité
pour les larves, incapables
de discerner à priori
leur caractère toxique.
De plus, des analyses expérimentales
de la capacité d'ingestion
des larves des principaux genres
de moustiques (Aedes, Anopheles,
Culex) ont montré la
nécessité de quantités
infimes de litière toxique
pour induire la mortalité
larvaire (moins de 10 mg/larve
pour induire la DL 50). C'est
pourquoi ces composés
peuvent représenter une
alternance intéressante
dans la gestion durable de populations
larvaires de moustiques anthropophiles
vecteurs de maladies, rendues
résistantes aux insecticides
conventionnels à force
de traitements intensifs. L'efficacité
réelle de ce " larvicide
d'origine naturelle " a
été examinée
expérimentalement, comparativement
à celle des insecticides
conventionnels dans différentes
conditions de laboratoire pouvant
anticiper sur la réalité
de terrain.
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| 2.
Analyse de la résistance
larvaire |
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La résistance de certaines
larves de moustique aux complexes
toxiques de la litière
décomposée est
du type "résistance
biochimique", aucune résistance
comportementale n'a été
observée lors de l'étude
expérimentale de l'ingestion
de litière par les larves.
Des bioessais comparatifs sur
les principales espèces
régionales de moustiques
et 2 espèces exotiques
à fort impact vulnérant
pour l'homme (Aedes albopictus,
A. aegypti) ainsi que sur un
Simuliidé africain vecteur
de l'onchocercose ont confirmé
la sensibilité différentielle
des larves aux complexes toxiques
de la litière arborescente
en décomposition. Cette
sensibilité est en rapport
avec le potentiel enzymatique
détoxifiant de chaque
espèce (activités
estérasiques et cytochrome
P450).Ce potentiel enzymatique
détoxifiant a été
étudié:
au
niveau de son adaptabilité
fonctionnelle : l'analyse
de la plasticité de la
résistance larvaire en
conditions semi-contôlées
au cours du cycle larvaire a
montré une augmentation
progressive de cette résistance
avec l'âge larvaire, en
fonction des conditions de nutrition.
En conditions contrôlées,
l'évolution de cette
résistance est corrélée
avec les activités enzymatiques
détoxifiantes estérasiques
et cytochrome P450, soit au
niveau de la même génération
larvaire en réponse à
une exposition à la litière
toxique (induction), soit au
niveau de générations
successives soumises à
des doses subléthales
de toxique (sélection).
Ce deux processus interviendraient
complémentairement: l'induction
agirait sur les activités
P450 (court terme), la sélection
augmenterait les activités
estérasiques (long terme).
au
niveau génétique
: une étude
d'écotoxicologie moléculaire
sur un autre arthropode détritivore
des gîtes à moustiques
subalpins (Daphnia pulex, Crustacé,
Cladocère) a permis de
cloner les premiers gènes
cytochrome P450 (CYP) connus
chez cette espèces, de
les caractériser par
rapport aux autres CYPs d'arthropodes
connus et de montrer leur expression
différentielle en fonction
de l'écotype ou de l'exposition
artificielle à des complexes
polyphénoliques végétaux.
Ces CYPs constituent donc de
remarquables biomarqueurs écologiques
pour repérer un arthropode
détritivore par rapport
à la richesse polyphénolique
de sa niche écologique.
Une étude analogue est
en cours sur les larves de moustiques.
au
niveau populationnel :
l'analyse allozymique de 25
populations d'Aedes rusticus
(espèce fortement colonisatrice
des gîtes forestiers du
fait de sa forte résistance
à la litière arborescente)
a montré l'absence de
corrélation entre structuration
génétique populationnelle
et résistance larvaire
ou distance géographique
entre populations, mais un corrélation
entre résistance larvaire
et distance géographique
entre populations. D'autre part,
l'analyse des différents
groupes de sensibilité
montre bien leur rapport avec
la végétation
environnementale et les traitements
insecticides annuels subis par
ces populations. L'ensemble
des ces résultats montre
la complexité des facteurs
intervenant dans la structuration
génétique populationelle
d'une espèce à
fort pouvoir colonisateur (histoire,
variabilité géographique,
écologique, ....) et
la nécessité de
la connaissance de tous ces
facteurs pour comprendre la
dynamique populationnelle d'une
espèce invasive afin
de mieux gérer cette
dynamique.
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| 3.
Analyse du potentiel
invasif de Coquillettidia
richardii et application
en gestion durable |
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Les moustiques du genre Coquillettidia
sont sources de nuisances importantes
pour l'homme et vecteurs potentiels,
notamment du virus du Nil l'encéphalite
équine qui touche également
l'homme. La lutte contre ce
moustique au fort pouvoir invasif
est rendue très difficile
compte tenu de sa biologie originale.
En effet, les larves et les
nymphes, vivant fixées
aux parties immergées
des plantes aquatiques grâce
à un siphon modifié
leur permettant de respirer,
n'ont plus besoin de remonter
à la surface. Leur localisation
dans un gîte étant
ainsi aléatoire, la lutte
anti-larvaire est difficile,
d'autant plus que les produits
couramment utilisés en
démoustication n'arrivent
pas à atteindre ces cibles.
La
connaissance des relations entre
larve et plante aquatique est
le point de départ obligé
de la mise au point d'une nouvelle
stratégie de lutte contre
ce moustique, laquelle s'intègre
dans une politique de gestion
durable des populations de moustiques
anthropophiles vecteurs, nécessaire
sur le plan de la préservation
de l'environnement et de la
santé publique.
Actuellement une étude
expérimentale est menée
sur les modalités de
fixation des larves de Coquillettidia
sur la végétation
aquatique et les relations biologiques
larve-plante.
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| Toutes ces
études ont été
réalisées en collaboration
avec les équipes suivantes
:
Aventis, Crop Science
(actuellement Bayer), Lyon (stratégie
insecticide)
Centro Agricoltura Ambiente,
Crevalcore. Italie R. BELLINI,
lutte anti-vectorielle
Institut Pasteur, Paris,
équipe A. B. FAILLOUX,
génétique des
populations
Institut Pasteur, Paris,
I. THIERY, lutte anti-vectorielle
INRA, Antibes, équipe
J. BERGE, analyse biochimique
de la résistance
INRA, Antibes, équipe
A. FERRAN, analyse du comportement
alimentaire
Université Paris
VI, équipe C. DAUPHIN,
génétique moléculaire
des cytochromes P450
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| LA
GESTION DES ZONES
HUMIDES |
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La réserve naturelle
est le support d'une activité
scientifique particulièrement
intense, avec chaque année
de nombreux stagiaires, deux
thèses soutenues, des
publications scientifiques et
de vulgarisation, et un film
pédagogique sur la biologie
de la conservation des papillons
Maculinea. Ces études
sont le fruit de nombreuses
collaborations avec les partenaires
suivants :
l'Université
de Chambéry qui apporte
ses compétences pédologiques
: équipe du Professeur
P. FAIVRE;
L'Université de
Grenoble I : Mr. O. MANNEVILLE
(écologie des tourbières)
L'Université de
Lyon I: Professeur P. JOLY (écologie
des vertébrés)
L'Université de
Lyon II : Professeur J.P. BRAVARD
et Mme A. LAPLACE-DOLONDE (géomorphologie)
Le Museum d'Histoire
Naturelle de Lyon pour la partie
entomologie
Le Museum d'Histoire
Naturelle de Paris Laboratoire
de Recherche sur la Biologie
des Populations d'Oiseaux (CRBPO)
les associations régionales
de protection et d'étude
de la nature (CORA, FRAPNA,
.)
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| Retour |
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Entente Interdépartementale
Ain, Isère, Rhône, Savoie pour la
Démoustication
BP n°2 - 73310 CHINDRIEUX
Tél : 04 79 54 21 58 - Télécopie
: 04 79 54 28 41
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